La musique générée par IA a changé l’industrie musicale traditionnelle. Plusieurs créations automatisées ont vu le jour, ce qui a poussé les plateformes en ligne telles que que Deezer à hausser le ton. En effet, comment contrôler cette arrivée à grande échelle des contenus musicaux générés par IA ?
Entre détournement de revenus et surcharge des catalogues, les acteurs de l’industrie musicale sont à pied d’oeuvre.
Plusieurs titres générés par l'IA chaque jour
L’industrie musicale connaît un bouleversement important dû à l’intégration de l’IA. En effet, il existe aujourd’hui plusieurs algorithmes capables de produire de la musique, ce qui remet en question le rôle et le talent des artistes. Mais encore, ce changement provoque une nouvelle problématique, celle des services de streaming qui ont du mal à faire face à cet afflux massif de contenu musical produit artificiellement. L’intelligence artificielle, peu importe le secteur d’activité soulève des enjeux d’authenticité et de droit d’auteur.
60000 titres ajoutés par jour sont considérés comme étant générés par l’IA. Source : Deezer
En France, Deezer, plateforme majeure possédant plus de 16 millions d’utilisateurs actifs, fait face à une explosion des musiques générées par IA. Pour y faire face, la plateforme en ligne a mis en place en interne un outil capable d’identifier les musiques générées par l’intelligence artificielle.
Deezer estimait les musiques générées par IA à environ 10% des nouveautés en ligne. Aujourd’hui, près de 60000 morceaux (39%) ajoutés par jour sont considérés comme étant générés par l’IA. Cette diffusion à grande échelle peut s’expliquer par l’expansion des services tels que Suno ou Udio spécialisés dans la création de musiques automatisées.
Cibler la démonétisation pour lutter contre la musique générée par IA ?
Parmi les problèmes auxquels font face les plateformes en ligne, la fraude aux écoutes est sans doute le phénomène qui fait le plus de mal. En effet, plusieurs musiques générées par IA sont associées à ce qu’on appelle les « streaming farms ». Ce sont des robots dont le rôle est de gonfler de façon artificielle les écoutes dans le but d’obtenir plus de revenus.
Un problème sérieux qui a poussé une plateforme d’écoute comme Deezer à démonétiser toutes les écoutes considérées comme frauduleuses. Tous les morceaux générés par IA ont été également écartés des recommandations algorithmiques de la plateforme française afin de réduire considérablement leur visibilité.
Toutefois, ce ne sont pas tous les contenus générés par IA qui sont exclus. En effet, lorsque Deezer juge certaines écoutes authentiques, une musique même générée par IA est rémunérée, car aucun cadre légal n’interdit pour l’instant les créations produites l’IA.
Perspectives : vers une ouverture des musiques générées par IA ?
Pour ne prendre que l’exemple de Deezer, il existe sur la plateforme d’écoute française un label « IA-généré » sur les albums possédant des musiques produites par l’IA. Deezer a développé un outil en interne capable d’analyser la signature sonore des titres. Le remastering ou des ajouts créatifs faits par l’IA ne sont pas pénalisés.
Plusieurs millions de titres générés par l’intelligence artificielle possèdent aujourd’hui ce label sur Deezer, et la plateforme est prête à démocratiser son outil de détection en la proposant sous forme de licences.
En somme, Deezer démontre bien les tensions qui existent actuellement entre une musique faite par un artiste et un contenu produit par l’IA. L’association de l’innovation technologique et la régulation peut permettre aux plateformes d’écoute de préserver un écosystème sain et de garantir une expérience musicale authentique.